Quel oiseau se cachait sur la photo ? (5)

Il était vraiment simple de voir au moins trois des oiseaux de la photo, mais aviez-vous vu les trois autres ? Une nouvelle fois, le but de cet exercice est d’apprendre à bien observer, en ne s’arrêtant pas à ce qui saute aux yeux, comme le ventre jaune de ces mésanges charbonnières (Parus major). Il est vrai que le dos verdâtre et les ailes gris-bleu des individus vus de dos n’était pas évident à repérer, mais lorsqu’il y a une seule mésange et qu’elle est posée de dos, il faut bien arriver à la repérer.

Si vous aviez réussi à trouver les six oiseaux qui se cachaient sur la photo (voir la réponse ci-dessous), chapeau bas ! Mais aviez-vous remarqué que l’oiseau en bas à gauche n’était pas une mésange charbonnière, mais une mésange bleue (Cyanistes caeruleus)… Bon, je le reconnais, il faut vraiment zoomer sur la photo et avoir un œil de lynx pour l’avoir vu. C’est promis, le prochain jeu sera plus facile, enfin peut-être !

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Quel oiseau ne fait pas le printemps ?

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 Hirondelle rustique (mâle)

L’Hirondelle rustique (Hirundo rustica)

Tout le monde connaît le vieux proverbe qui prétend qu’une hirondelle ne fait pas le printemps. Or depuis les années 1990, il est de plus en plus vrai, mais pour une raison étonnante.

En effet, au lieu d’entreprendre une longue et périlleuse migration jusqu’aux savanes africaines, des hirondelles rustiques passent désormais régulièrement l’hiver en France. On les trouve surtout autour de la Méditerranée bien sûr, mais également le long de la façade atlantique et jusque sur les côtes de la Manche. Avec les hivers doux qui en résultent, le réchauffement global du climat en est vraisemblablement la cause.

La plupart des hirondelles rustiques continuent toutefois de migrer chaque automne (entre fin août et mi-octobre) vers l’Afrique subsaharienne, pour en revenir au printemps suivant. Et si « une seule hirondelle ne fait pas le printemps » (comme le formula initialement Aristote), l’arrivée de milliers d’hirondelles rustiques en France, qui a lieu essentiellement de mi-mars à début mai, coïncide bel et bien avec le printemps !

Quel oiseau a des pattes beaucoup trop longues ?

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 Échasse blanche (mâle)

L’Échasse blanche (Himantopus himantopus)

Elle n’a pas volé son nom celle-là ! Elle semble vraiment montée sur des échasses, très fines et d’un beau rouge rosé de surcroît. Si elles sont pratiques pour se nourrir en eau assez profonde sans se mouiller le ventre, les pattes démesurées de l’échasse blanche deviennent un peu gênantes quand il s’agit de couver ses œufs… pondus à même le sol ! L’échasse doit alors les replier de part et d’autre de son corps et on se demande comment elle y parvient !

Appréciant surtout les marais salants et les étangs saumâtres, l’échasse blanche vit, en France, principalement sur le littoral méditerranéen et sur la façade atlantique. Elle est migratrice et arrive en France au mois de mars pour se reproduire ; elle en repart de fin août à fin septembre pour aller passer l’hiver en Afrique.

On distingue le mâle à la couleur noir brillant de ses ailes, celles de la femelle étant d’un brun-noir terne. De plus, il a souvent plus de noir sur la nuque que sa compagne, mais c’est variable et tous deux peuvent avoir du noir à la nuque.

Quel oiseau est qualifié de « traîne-buissons » ?

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 Accenteur mouchet (adulte)

L’Accenteur mouchet (Prunella modularis)

Bien qu’il fasse partie des oiseaux plutôt communs en France, ce petit oiseau est peu connu et passe généralement inaperçu. Cela tient à son plumage insignifiant, qui le fait ressembler quelque peu à un moineau domestique femelle, mais aussi au fait qu’il est assez discret.

Il se distingue de la femelle moineau par son bec fin et pointu (il est conique et assez épais chez le moineau) et par la teinte gris-bleu de son cou et de sa poitrine (peu visible sur la photo ci-dessus…).

On le remarque peu, car il a l’habitude de se nourrir au sol, le plus souvent caché sous les buissons, ce qui lui a valu son surnom de « traîne-buissons ». Mais quand il chante, il se perche bien en vue sur un arbuste, égrenant les notes enjouées de son petit gazouillis aigu et sonore.

Quel oiseau se cachait sur la photo ? (4)

L’oiseau situé à gauche de l’image était très visible, mais aviez-vous remarqué le second individu qui se cachait derrière la branche, au centre de l’image ?

Que vous n’en ayez vu qu’un (je doute que vous n’ayez pas trouvé au moins celui de gauche…) ou les deux, la solution se trouve ci-dessous. Et vous les avez sans doute reconnus

Il s’agit de deux mésanges bleues (Cyanistes caeruleus), un oiseau des jardins dont j’ai évoqué il y a quelques jours le « petit béret bleu » !

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Quel oiseau n’est pas un vilain petit canard ?

Mireval, HŽrault

Cygne tuberculé (mâle)

Le Cygne tuberculé (Cygnus olor)

Pourquoi dans le conte d’Andersen, le jeune cygne est-il qualifié de vilain petit canard ? Sans doute parce que le duvet des jeunes cygnes – que l’on n’appelle pas des « cygneaux », car ce terme n’existe pas… – est grisâtre et non d’un beau jaune soufre, comme celui des canetons de ferme. Une fois adulte, le Cygne tuberculé arbore un plumage entièrement blanc, mais la grâce naturelle de ce gros oiseau compense largement ce manque de couleurs !

Il est possible de différencier le cygne mâle de la femelle par la forme et la couleur de leur bec : rouge orangé surmonté d’un renflement noir (appelé « tubercule »), c’est un mâle ; rosâtre ou orange terne avec un tubercule noir peu développé, il s’agit d’une femelle. Ceci est surtout visible au printemps, pendant la reproduction, car à partir de l’été, mâle et femelle peuvent avoir un bec assez semblable.

Remarquez les grosses pattes palmées, brun-noir, qui nous indiquent que les cygnes, s’ils sont loin d’être de vilains canards, n’en sont pas moins leurs proches cousins, au même titre que les oies.

Quel oiseau se cachait sur la photo ? (3)

Ce jeu était un peu plus dur que les précédents, car l’oiseau était en partie caché, mais d’un autre côté, il apparaissait en plus gros plan… certains l’auront donc trouvé plus facile, d’autres plus compliqué. Peu importe, le but principal de ces petits exercices est de s’entraîner à observer, notamment à détailler le feuillage pour y déceler une forme inhabituelle ou un contraste qui ne peut pas être celui d’une partie de l’arbre… et qui s’avère souvent être un oiseau !

Si vous n’aviez pas trouvé l’oiseau caché, la réponse se trouve ci-dessous. Et l’avez-vous reconnu ?

Il s’agit d’un pinson des arbres (Fringilla coelebs), dont il a été question récemment. On peut le reconnaître ici (mais j’admets que ce n’est vraiment pas évident…) à son dessous rose violacé et à la teinte gris bleuté que l’on devine sur le dessus de sa tête et surtout à la base de sa nuque.

Le saviez-vous ? Quand on les voit mieux que sur cette photo… on peut facilement déterminer le sexe d’un pinson des arbres :
• s’il a le dessous rosé et le dessus de la tête gris-bleu, c’est un mâle,
• s’il est plutôt gris clair dessous et brunâtre dessus c’est une femelle.

Ici, il s’agit donc d’un mâle !

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